Ce photoblog présente quotidiennement

un premier choix non définitif d'images pour les séries en cours.

Il vient en complément du site www.yannickvallet.com qui, lui,

présente un panorama complet de mon travail.


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20 avril 2011

Jerry Schatzberg

Alors que le premier film de Jerry Schatzberg Portrait d’une enfant déchue avec Faye Dunaway, vient d’être restauré par le studio Universal, le Festival de Cannes en profite pour utiliser un des clichés que Schatzberg, justement, fit de sa compagne de l’époque.


Mais contrairement à ce que l’on peut lire ici ou là, la photographie en question n’a pas été prise lors du tournage de Portrait d’une enfant déchue mais trois ans plus tôt, lors d’une séance spécifique.

Faye Dunaway "Red Hat", 1966 - Photo © Jerry Schatzberg

A noter qu’est sorti il y a quelques mois un très beau livre de portraits réalisés par Jerry Shatzberg à cette époque et intitulé Women Then.

WOMEN THEN
Editeur : Rizzoli International Publications (2010)

Edie Sedgwick, 1966 - Photo © Jerry Schatzberg

Quant au film, il sera visible à Cannes pendant le Festival et ressortira sur les écrans français dans sa version restaurée, à l’automne prochain.


PORTRAIT D’UNE ENFANT DECHUE de Jerry Schatzberg (1970)

27 octobre 2010

Larry Clark : Kiss the Past Hello

Au-delà de la polémique (et alors même que les livres et les photos sont en accès libre dans n'importe quelle librairie bien achalandée …), l'exposition Larry Clark, au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, a le mérite de montrer l'œuvre du photographe américain dans sa globalité. Une œuvre étonnemment cohérente d'où ressort, lorsqu'on est plongé au centre de ces séries classées par ordre chronologique, une terrible impression de tristesse. La tristesse d'un homme qui essaie, depuis près de cinquante ans, de faire le deuil de son adolescence …

Billy Mann, 1963 - Photo © Larry Clark

Evidemment, si l'on s'arrête au seuil des images qui nous sont présentées ici, sans essayer de comprendre pourquoi Larry Clark photographie la vie de ces adolescents, on peut n'y voir que violence et pornographie. Mais la problématique est bien plus complexe que ça car Larry Clark vient du même milieu que ces enfants et a vécu bon nombre des situations qu'il photographie. Il dit d'ailleurs lui même qu'il a eu "une adolescence de merde", que son père le méprisait et qu'il est tombé dans la drogue dès l'âge de 15 ans. Son travail a donc avant tout, valeur de témoignage.

TEENAGE LUST (1983)
Editeur : Larry Clark
Réédition : Hennessey & Ingalls (1997)

Lorsqu'à vingt ans il prend ses premiers clichés, rassemblés en 1971 dans son premier livre intitulé "Tulsa", du nom de sa ville natale, il choisit tout naturellement de photographier ceux qu'il aime et qu'il admire, ses amis, et ce qu'il connaît le mieux, son environnement proche, celui de la rue, de la drogue et de la violence.

TULSA (1971)
Editeurs : Lustrum Press - Rapoport Printing
Réédition : Grove Press / Atlantic Monthly Press (2000)

Je peux comprendre qu'on ai du mal à supporter certaines de ses images mais la sincérité de Larry Clark n'est pas à mettre en doute et, plus que de la violence (qu'elle soit physique, sexuelle ou autre), c'est de la souffrance que l'on ressent ici. Celle d'un artiste qui n'a cessé d'être fasciné par cette période de sa propre vie, toute à la fois dramatique et désespérément fantasmatique : “Lorsque dans les années 60, j’ai commencé à prendre des photos de gens autour de moi, je me fabriquais ma propre mythologie, mon propre univers. Il s’agissait déjà d’un mélange entre réalité et fiction, entre ce que je voyais devant moi et ce que je voulais formuler à partir de cette réalité.»

Photo © Larry Clark

Aimer l'œuvre de Larry Clark ne doit pas être une posture comme on peut l'entendre ici ou là … et de toute façon, comprendre l'œuvre du photographe n'oblige pas à l'aimer. Mais une chose est sûre, son travail ne peut laisser indifférent tant il est émouvant d'humanité, au sens large du terme … quant à la créativité, ça, c'est une autre histoire ...

Jonathan Velasquez, 2004 - Photo © Larry Clark

À noter que vous ne verrez pas en avant première, et contrairement à ce qu'il est indiqué dans le dépliant du musée, le film autour de Jonathan Velasquez que Larry Clark aurait réalisé en vidéo : le film ne serait pas fini.
Quant au catalogue, qui aurait dû être édité pas Paris Musées, le sera finalement par les galeries Simon Lee de Londres et Luhring Augustine de New York (bientôt disponible).

Carlos, Sergio, Porky, Jonathan, Churro, Eddie, Kico, Ricardo,
Spermball (Milton), PJ, Armando, 2004 - Photo © Larry Clark


Larry Clark : Kiss the Past Hello
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
11 avenue du Président Wilson - 75116 Paris
Du mardi au dimanche de 10h à 18h 
- Le jeudi jusqu'à 22h
Exposition interdite aux moins de 18 ans.

8 octobre 2010

La France de Raymond Depardon

Inutile de présenter Raymond Depardon, photojournaliste membre de Magnum depuis plus de trente ans, et grand réalisateur documentaire avec une vingtaine de longs métrages à son actif, il a souvent travaillé en noir et blanc (son "San Clemente" paru en 1984 est à ce titre un livre – et un film sorti en 1982 – incroyable) mais également parfois en couleur, comme ici.

La France de Raymond Depardon - Photo © Raymond Depardon

Ces couleurs un peu acidulées comme de tendres bonbons, ces tabac-presse, ces boucheries, ces plages, ces carrefours, ces salons de coiffure, ces garages magnifiés par la chambre 20 x 25 sont comme autant d'images qu'on ne voit plus, que l'on ne regarde même plus, tellement elles font partie du paysage. Et pourtant, leurs lignes, leurs couleurs justement, leur texture sont une formidable matière à photographier.

La France de Raymond Depardon
Photo © Raymond Depardon

Un conseil : lorsque vous vous rendrez à la Bnf, débrouillez-vous pour y aller le matin, tôt. Quand il y a encore peu de monde. Et avec un peu de chance vous vous retrouverez seul, au milieu de cette grande salle, face à trente six grands tirages … Magique.

La France de Raymond Depardon - Photo © Raymond Depardon

Raymond Depardon parle ainsi de son projet : J'étais un peu pessimiste au début, j'étais accablé même, déprimé ... parce que je me disais … c'est vrai … tu quittes les villes, qui sont apparemment rassurantes … et quand tu rentres dans ces campagnes, ces petites villes, qui le sont beaucoup moins, surtout hors saison, … c'est assez impressionnant. Mais c'est parce que je pense que je regardais mal et du coup, j'ai appris à regarder. J'ai appris à ne pas trop juger … et à ne pas avoir de préjugés …

Photo © Raymond Depardon

Initiative intéressante, dans la deuxième salle Depardon nous fait partager ses influences à travers une sélection du travail des immenses photographes américains que sont Walker Evans et Paul Strand ou du précurseur français Eugène Atget
Quant au livre de l'exposition, il rassemble plus de 300 photographies, sur les 7.000 prises à travers le territoire :

LA FRANCE DE RAYMOND DEPARDON
Editeurs : BnF - Seuil (2010)


A noter que parallèlement à la Bnf, la Magnum Gallery expose deux excellentes séries de Depardon sur New York : Manhattan Out datant de 1980 et Correspondance New-Yorkaise que le photographe réalisa durant l'été 1981 pour Libération.

New York City. South Park Avenue, 1981
Photo © Raymond Depardon


La France de Raymond Depardon
Bibliothèque nationale de France – Site François-Mitterrand – 75013 Paris
Du 30 septembre 2010 au 9 janvier 2011
Du mardi au samedi de 10h à 19h
et le dimanche de 13h à 19h

Raymond Depardon : Manhattan Out & Correspondance New-Yorkaise
Magnum Gallery
19, rue Hégésippe Moreau - 75018 Paris
Du 15 septembre 2010 au 8 janvier 2011
Du lundi au vendredi de 10h à 18h

13 septembre 2010

Claude Chabrol 1930 - 2010





INSPECTEUR LAVARDIN de Claude Chabrol (1986)
(Bande annonce)



Photo © Nicolas Guérin

26 janvier 2010

David Lynch : les photographies (III)

C’est en 2007 que David Lynch rencontre le styliste Christian Louboutin afin de lui demander de dessiner spécialement pour lui des chaussures qu’il intégrerait dans l’exposition rétrospective de la Fondation Cartier.

Photo © David Lynch

A son tour le créateur des célébrissimes chaussures à la semelle rouge demande au réalisateur de photographier une partie de sa collection. Les prises de vue auront lieu peu de temps après, sur deux jours, avec comme modèles deux danseuses du Crazy Horse.

Photo © David Lynch

Les photos ont fait l’objet, fin 2007, d’une exposition à la DesignArt de Londres puis à Paris à La Galerie du Passage. Expo qui sera reprise en avril 2009 à Moscou, au Centre d’Art Contemporain.

Photo © David Lynch

Cette collaboration a été éditée sous la forme d’un catalogue intitulé “Fetish”.


FETISH - Editeur : La Galerie du Passage (2007)

A noter que la photo de couverture où l’on voit un portrait d’Anouck Margueritte du Crasy Horse, a également été utilisée en 2008 par l’affichiste Pierre Collier pour le 61ème Festival de Cannes.




La dernière collaboration en date ayant débouché sur des photos est celle qu’a menée en 2009 David Lynch avec le producteur et DJ Danger Mouse (Gorillaz, Beck, The Rapture ...) et Mark Linkous, chanteur du groupe Sparklehorse.

Insane Lullaby#4, 2009 - Photo © David Lynch

Il s’agissait au départ d’un album réunissant une dizaine d’artistes comme Julian Casablancas (The Strokes), Iggy Pop, Black Francis (The Pixies), Suzanne Vega, Vic Chesnutt, Nina Persson (The Cardigans) et d’autres, pour une douzaine de chansons, toutes écrites et composées par Danger Mouse et Linkous et photographiées par Lynch.

Jaykub#3, 2009 - Photo © David Lynch

Le résultat est un magnifique livre au format à l’italienne d’une centaine de pages où chaque titre de l’album est visualisé par 3 ou 4 photos ...


DARK NIGHT OF THE SOUL - Editeur : PowerHouse Books (2009)

Comme par exemple, la chanson “Angel’s Harp” interprétée par Black Francis :


Angels Harp, 2009 - Photos © David Lynch

C’est peut-être la seule fois où Lynch est le plus proche par son travail photographique de ce qu’il réalise au cinéma. La sucession des images fait penser à de mini courts métrages où tout est là, ses personnages, ses obsessions, ses rêves, sa vision de la vie et son regard sur les hommes.

Grim Augury#1, 2009 - Photo © David Lynch

Ainsi le visuel de “Little Girl”, la sublime chanson interprétée par Julian Casablancas


Little Girl, 2009 - Photo © David Lynch

Ou celle interprétée par David Lynch lui-même :


Dark Night of the Soul, 2009 - Photos © David Lynch

Une installation mettant en jeu les photos, la musique et un éclairage spécial a eu lieu en juin 2009 à la Michael Kohn Gallery de Los Angeles. Une autre expo a rassemblé les photos en décembre 2009, pendant le géantissime Art Basel de Miami.


L'expo de Miami (2 Décembre 2009 au 9 Janvier 2010)

Il faut savoir que suite à des problèmes juridiques entre Danger Mouse et la major EMI, le CD qui accompagnait le livre était en fait un CD vierge, l’album de 13 titres n’étant jamais sorti dans le commerce (un sticker indiquait sur le livre : “For legal reasons, enclosed CD-R contains no music. Use it as you will.”)*. Mais finalement depuis quelques mois il est téléchargeable gratuitement et dans son intégralité sur internet. Et c’est un vrai régal ...

A moins que vous ne préféreriez cette version ultra collector : le Vinyl LP promo !

Just War#1, 2009 - Photo © David Lynch

* “Pour des raisons juridiques, le CD inclus ne contient aucune music. Utilisez-le comme vous le désirez.”

12 janvier 2010

Eric Rohmer 1920 - 2010




LES NUITS DE LA PLEINE LUNE de Eric Rohmer (1984)
Musique : Elli & Jacno




Photo © Pierre Verdy

2 novembre 2009

David Lynch : les photographies (II)

Les images de David Lynch ne sont pas faites pour les obsédés de la technique ou de la photographie parfaite. Certaines peuvent être floues (de bouger ou de point), parfois cramées ou sous exposées, voir même "mal cadrées" ! L’intéret de ses clichées ne réside pas dans ces considérations d’esthète monomaniaque mais bien plutôt dans la mise en perspective artistique et émotionnelle de toute son oeuvre (avec les films et les vidéos bien sûr, mais aussi les sculptures, les dessins, les peintures, la musique et les meubles).

Photo © David Lynch

Pour David Lynch, les premières années du 21ème siècle sont polonaises. Il se rend en effet régulièrement à Lodz, dès 2000 où il a l’intention, pendant un temps, d’y installer des studios de cinéma. Il y prend beaucoup de photos, essentiellement d’architectures industrielles et d’usines sombres et les regroupe en 2001, à Toulouse (durant le Printemps de Septembre), pour une première exposition intitulée “Nudes and Factories from Poland”.

Photo © David Lynch

Puis en 2002, toujours en Pologne et toujours à Lodz, il tourne son moyen métrage RABBITS avec ses deux héroïnes de MULHOLLAND DRIVE Naomi Watts et Laura Harring. Film dont il insérera des extraits, quatre ans plus tard, dans le long métrage INLAND EMPIRE.
A noter que parallèlement à la Fondation Cartier, la galerie Agnès B a exposé en 2007 des photogrammes tirés du film.


En 2003, David Lynch réalise une série d’une trentaine de photographies noir et blanc, encore une fois en Pologne, et toujours sur le même thème des usines et des nus. Série qui débouchera tout naturellement sur une exposition à la galerie Atlas Sztuki de Lodz et qui sera reprise quelques mois plus tard à Paris, par la galerie Basia Embiricos.


Catalogue de l’expostion de la galerie Atlas Sztuki (2003)


Photo © David Lynch

Et en 2007, c’est la grande rétrospective à la Fondation Cartier où l'on peut admirer aussi bien ces anciennes photographies que les plus récentes. Avec beaucoup d’usines, de friches industrielles et de bâtiments en noir et blanc, la série “Nudes and Smoke”, des autoportaits, la série "Snowmen" (qui a fait l’objet d’un petit livre blanc) et ses essais graphico-photographiques (pas toujours très heureux !) sur Photoshop, intitulés “Distorted Nudes”.



Autoportrait - Photo © David Lynch

On peut retrouver toutes ces photos sur le livre “David Lynch : The Air Is On Fire” édité par la Fondation Cartier pour l'art contemporain.

Photo © David Lynch


DAVID LYNCH : THE AIR IS ON FIRE
Editeurs : Actes Sud - Editions Xavier Barral (2007)


DAVID LYNCH : SNOWMEN
Editeurs : Fondation Cartier - Editions Xavier Barral (2007)



DISTORTED NUDES (2007)
[Uniquement disponible sur le site de David Lynch]



Distorted nude - Photo © David Lynch

Suite à l’expo à la Fondation Cartier, David Lynch a fait des photos pour le styliste Christian Louboutin. Et il a également réalisé un livre en collaboration avec le DJ Danger Mouse et le groupe de rock américain Sparklehorse. Mais ça c’est une autre histoire ...