Ce photoblog présente quotidiennement

un premier choix non définitif d'images pour les séries en cours.

Il vient en complément du site www.yannickvallet.com qui, lui,

présente un panorama complet de mon travail.


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27 mars 2013

Circulation(s) 2013 - Anyway

Plus que quelques jours pour se rendre à Bagatelle au Festival Ciculation(s) et découvrir, après le travail de Dominique Secher, de Ieva Epnere et d'Isabel Kiesewetter, celui de Chantal Vey.

Série "Anyway" - Photo © Chantal Vey

Dès l'entrée dans la salle principale, l'installation de Chantal Vey retient toute votre attention. Sur une longue étagère blanche, s'étire un long livre objet, alternant textes, images et pages blanches. Un livre acordéon d'une trentaine de pages, intitulé "Anyway".

Série "Anyway" - Photo © Chantal Vey

La photographe a demandé aux personnes qu'elle croisait lors de ses pérégrinations, de l'emmener dans un lieu important « singulier par rapport à leur histoire » afin de les y photographier.

Série "Anyway" - Photo © Chantal Vey

Le portrait est réalisé de dos, le personnage regardant son lieu favori. Et dans le livre, l'image de la personne côtoie l'image du lieu en question ainsi qu'une liste de ses livres préférés. Une mise en abîme étonnante où le jeu des images et des mots fonctionnent justement grâce cette mise en page livresque.

Série "Anyway" - Photo © Chantal Vey

Tout l'intéret de la démarche réside dans le fait qu'on puisse justement toucher et manipuler ce livre d'artiste (délicatement et avec les gants !). Au premier abord, lorqu'on ne fait que regarder, on reste à sa place (confortable) de simple spectateur. Un spectateur lambda qui écoute, regarde, observe une histoire mais à distance. Puis, lorsqu'on prend le livre, la démarche s'intensifie et de spectateur, on devient acteur ; et on entre intimement à l'intérieur des histoires de chacun … dans un aller-retour curieux entre portraits, paysages et mots.

Série "Over hill and dale", 2012 - Photo © Chantal Vey

D'autres livres accordéon de Chantal Vey sont également disponibles à la consultation : des "Cadavres Exquis" mélant textes et photographies ainsi qu'un livre intitulé "Over hill and dale" alternant image et poésie.

Série "Cadavres exquis", 2012-2013 - Photo © Chantal Vey

A ne pas manquer également lors de votre visite à Bagatelle, les incroyables portraits de Ñeros (ces clochards colombien du quartier Cartucho) de Stanislas Guigui, l'Irlande toute personnelle de Sarah Carp, les nuits virtuelles de Maxence Dedry, les drôles d'Afronauts de Cristina de Middel et des dizaines d'autres travaux …

CIRCULATION(S)
Festival Européen de la jeune photographie

Galerie Côté Seine et Trianon - Parc de Bagatelle
Route de Sèvre à Neuilly, Paris 16
Du 22 février au 31 mars 2013.
Entrée libre

20 mars 2013

Circulation(s) 2013 – Konversion

Après la série de Dominique Secher et celle de Ieva Epnere (ici et ici), voici "Konversion" de l'allemande Isabel Kiesewetter, exposée elle aussi à Bagatelle, dans le cadre du Festival Circulation(s).


Série "Konversion" - Photos © Isabel Kiesewetter

Depuis plus d'un an, la photographe parcourt son pays à la recherche des anciens sites militaires, abandonnés par les alliés quelque temps après la chute du mur de Berlin. Des lieux souvent en devenir, mais aussi parfois, reconvertis de manière étonnante.


Série "Konversion" - Photos © Isabel Kiesewetter

Le travail d'Isabel Kiesewetter est avant tout social, voire même politique ; observant, à travers l'évolution des paysages, les changements qui, depuis une vingtaine d'années, s'opèrent dans la société allemande.


Série "Konversion" - Photos © Isabel Kiesewetter

Un travail de documentariste certes, mais pas seulement. Car la photographe porte également un vrai regard critique, parfois sans complaisance, sur ses concitoyens d'outre-Rhin (voire ces familles, telles des bataillons de fourmis, investissant un ancien terrain militaire devenu parc d'attraction ; ou ces passionnés de bombardiers et autres transports de troupes, déambulant au milieu de carcasses d'avions, entreposées dans le recoin caché d'un ancien aérodrome).


Série "Konversion" - Photos © Isabel Kiesewetter

Des images souvent fortes, parfois drôles ou émouvantes, où la nature qui a repris ses droits semble finalement avoir plus d'intérêt à ses yeux, que tous ces projets un tantinet artificiels. On peut la comprendre …


CIRCULATION(S)
Festival Européen de la jeune photographie

Galerie Côté Seine et Trianon - Parc de Bagatelle
Route de Sèvre à Neuilly, Paris 16
Du 22 février au 31 mars 2013.
Entrée libre

13 mars 2013

Circulation(s) 2013 – I was almost there

Alors que la semaine dernière, je vous parlais ici-même de la série de Dominique Secher présentée au Parc de Bagatelle, dans le cadre du Festival Circulation(s), voici aujourd'hui, la série de la lettonne Ieva Epnere, intitulée "I was almost there".


Série I was almost there, 2012 - Photo © Ieva Epnere

Pour moitié russe par son père, Ieva Epnere a voulu aller entrevoir cette part d'elle qu'elle ne connaissait pas : « J’ai eu envie de découvrir ce que ce lieu pouvait révéler sur ma propre identité. Les caractères russes et lettons sont si différents ; j’ai grandi en Lettonie mais mon tempérament, je l’ai hérité de la Russie. »


Série I was almost there, 2012 - Photo © Ieva Epnere

Partie sur les traces de son arrière-grand-mère, dans « le village où elle a probablement vécu et travaillé », la photographe a ramené des images de lieux où son aïeule est (probablement !) passée.


Série I was almost there, 2012 - Photo © Ieva Epnere

Des photographies toutes en nuances et chargées d'émotion, où pointe une douce mélancolie venue de l'enfance.


Série I was almost there, 2012 - Photo © Ieva Epnere

Un tas de sable, une drôle de chèvre encadrée, un couple endormi à l'abri derrière une voiture, le souffle du vent dans les arbres, une babouchka qui semble repriser … des images bien actuelles, bien présentes, et pourtant comme imprégnées du passé de l'artiste.


Série I was almost there, 2012 - Photo © Ieva Epnere

Ieva Epnere nous convie ainsi à la suivre discrètement dans sa déambulation, à travers les rues d'un village dont elle ne sait finalement presque rien. Des lieux où elle y était presque …


Série I was almost there, 2012 - Photo © Ieva Epnere

CIRCULATION(S)
Festival Européen de la jeune photographie

Galerie Côté Seine et Trianon - Parc de Bagatelle
Route de Sèvre à Neuilly, Paris 16
Du 22 février au 31 mars 2013.
Entrée libre

5 mars 2013

Circulation(s) 2013 - Bokassa, la chute d'un tyran

Juste après être entré dans le Parc de Bagatelle, le visiteur est joliment accueilli par deux séries de photos de la nouvelle édition du festival Circulation(s) : celle de la lettonne Ieva Epnere ("I was almost there") et celle du français Dominique Secher, intitulée " Bokassa, la chute d'un tyran".

Série Bokassa, la chute d'un tyran - Photo © Dominique Secher

L'accrochage de cette dernière est ici particulièrement réussi tant on a la sensation d'entrer, en quelques images, dans une histoire dramatique, au sens théâtral du terme.

Série Bokassa, la chute d'un tyran - Photo © Dominique Secher

Un personnage (Bokassa, ancien président de la République Centrafricaine), un décor (le Château d'Hardricourt, dernière résidence du tyran en France), un événement (la fuite des derniers courtisans après la mort de l'empereur) prennent chair sous nos yeux, à la lumière de chacune des images.

Série Bokassa, la chute d'un tyran - Photo © Dominique Secher

Une plongée dans le passé qui nous laisse imaginer avec retenue, ce qu'a pu être le faste puis la déchéance et la disparition de ce dictateur sanguinaire.

Série Bokassa, la chute d'un tyran - Photo © Dominique Secher

Et on reste sans voix, face à ces images finalement, profondément dérangeantes …

Série Bokassa, la chute d'un tyran - Photo © Dominique Secher

Du grand art, pour cet artiste qui sait avec talent se faire discret derrière son appareil photo, tout en laissant au spectateur la place qui lui est due.

CIRCULATION(S)
Festival Européen de la jeune photographie

Galerie Côté Seine et Trianon - Parc de Bagatelle
Route de Sèvre à Neuilly, Paris 16
Du 22 février au 31 mars 2013.
Entrée libre

27 février 2013

Circulation(s) 2013 - Introduction

Alors qu'a débuté la semaine dernière le festival Circulation(s) au Parc de Bagatelle, voici le texte d'introduction écrit par François Cheval, conservateur du Musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône et parrain 2013 de la manifestation.
Un état des lieux savoureusement drôle mais terriblement lucide de la photographie !


Il est intitulé :

Instructions aux jeunes photographes avides de succès

Il est assez commode de nos jours pour de jeunes gens ambitieux de devenir un photographe de renommée. Pour ma part, ayant fréquenté les musées, écumé les galeries, subi de trop nombreuses lectures de portfolios et perdu un temps inestimable dans des jurys sentant bon la tricherie, je n’ai plus beaucoup d’illusions sur la jeunesse, et en particulier sur sa capacité à renouveler la scène photographique. Mais à mon âge, quelques considérations morales, - les dernières, espérons-le-, m’imposent de délivrer les leçons d’une existence vouée à l’art et à la photographie. Le succès est à la portée de tous. Il suffit pour cela de suivre les conseils que je vais énoncer. Mais, si vous les considérez comme inutiles, si vous croyez que le talent et le travail suffisent seuls à imposer votre art, reportez-vous aux éditions précédentes de « Circulation(s) », ou, sans nul doute, à celles qui suivront. Vous trouverez de belles professions de foi en la jeunesse, en ses vertus supposées et en sa fameuse puissance innée de création.

Pour ceux qui n’ont pas tourné les talons, il y a plusieurs manières d’aborder le milieu de la photographie et vous devez les connaître toutes. En premier, il faut s’imposer de suite auprès des conservateurs, des commissaires, des curateurs et des critiques. Invitez-les ! Ne reculez devant aucune marque de séduction, même si je dois vous mettre en garde contre toute espèce de démonstration de tendresse envers cette engeance. Non que cela soit formellement interdit car il n’y a rien de méprisable à montrer aux vieux barbons un certain empressement. Mais il faut que ces témoignages d’attachement, votre affection, restent confidentiels. Prodiguez donc généreusement à tous et que chacun, - ah l’imbécile ! -, se croit l’élu : un commissaire n’aime rien tant que se figurer l’unique découvreur et être le seul aimé. Il se sait faillible et vit dans la hantise de manquer les talents naissants. Jouez donc avec finesse de l’affection et de la culpabilité.

Soyez laudatifs aussi, sans limite ! Vous avez lu ses œuvres, dévoré ses articles, annoté ses notices. Vous saluez le style, mais par-dessus tout, vous célébrez les choix courageux. Sans lui, - il le croira aisément -, vous ne seriez jamais parvenu à ce haut niveau de pensée et d’exécution. C’est alors que, saisi d’effroi par tant de maturité précoce, le commissaire ne pourra faire l’économie d’une recommandation, d’une exposition ou, promesse biblique, d’une acquisition.

Si vous faites partie d’une promotion récente issue de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie, de Paris VIII ou des Gobelins, vous susciterez quelque curiosité dans les premiers temps, mais l’oubli guette, déjà prêt à engloutir la chair fraîche. Vous croyez la porter belle avec votre diplôme. La belle affaire ! N’imaginez pas vous débarrasser du monde des idées, des concepts, de la sémiologie, des « Visual Studies » ; une vie où, enfin, vous n’auriez plus à interpréter et démêler Foucault, Baudrillard et Derrida. Il vous faut déconstruire la photographie ! N’imaginez pas une carrière faite de prises de vue, de commandes, d’expositions et de ventes. Détrompez-vous, en France, on ne photographie qu’à la condition préalable d’avoir exprimé fort et haut une intention. Sans cela, vous n’accéderez jamais au rang envié d’auteur. Je dois donc vous recommander de prime abord de vous constituer une solide bibliothèque, suffisamment garnie pour qu’elle épate l’hypothétique visiteur de l’atelier. Concentrez-vous sur les publications françaises et anglo-saxonnes. En revanche, vous dédaignerez la littérature allemande, intraduisible et d’ailleurs inconnue. Sans pédanterie aucune, citez abondamment même si vos seules références sont télévisuelles. Mais n’ayez crainte, le conservateur, le commissaire, le curateur et le critique partagent la même culture.

En revanche, méfiez-vous du galeriste, par expérience plus retors, et sans illusion. Il faut avec lui user d’autres armes. La séduction l’ennuie. Des jeunes gens et des jeunes filles, il en connaît les vicissitudes et le prix. Il refusera tout rendez-vous prétextant la masse des dossiers, sa présence à la foire de Bâle et la réticence des collectionneurs. Peu enclin à la curiosité, il ne consentira que contraint et forcé à vous recevoir, fruit d’une bienveillante intervention, conséquence de la première leçon. Là, il vous faudra mentir. Il faut persuader votre interlocuteur que vous êtes adoubé. Surtout ne vous présentez pas comme photographe ; plasticien utilisant le médium photographique semble l’expression la plus adaptée à la période. Elle vous range dans la catégorie des artistes contemporains. Après, égrenez les recommandations les plus fantaisistes. Les noms de directeurs de festival, même rencontrés fortuitement lors d’un cocktail, feront l’affaire. La géographie de la photographie se réduit à peu de choses, aussi, il faut veiller à n’évoquer que les biennales d’Europe Centrale ou, choses rares, les manifestations chinoises ou khmères. Membre du cercle très restreint des photographes reconnus, jamais vous ne prononcez le patronyme de vos pairs, mais vous évoquez au débotté Nan, Andres, Vik, etc., tous croisés à l’occasion de vos nombreux et réguliers projets montés à l’étranger.

La multiplication des visas sur un passeport contribue à la pertinence du personnage que vous créez. New York s’impose comme la référence absolue pour ses vertus indépassables. Ville de prescripteurs, comme dirait Olivier Poivre d’Arvor, vous y apprendrez l’essentiel du métier, à savoir l’anglais et le cynisme. Berlin, il faut y passer. Vous obtiendrez là un certificat authentique d’artiste cosmopolite attirant la sympathie du collectionneur allemand, de bonne compagnie, quoique que chrétien-démocrate (ce qui, pour Thomas Bernhard correspond au national-catholique autrichien). N’insistez pas trop sur vos origines françaises. Ce que vous perdrez en dignité vous le gagnerez en raison. Tous ces voyages coûtent chers. Vos moyens, au début, ne vous permettront pas d’en user autant qu’il serait nécessaire. Je vous engage donc à rencontrer et connaître les arcanes du ministère des Affaires Etrangères. Vous y trouverez adresses, noms de lieux improbables et une collection de conseillers culturels tous disposés à défendre la photographie française, injustement considérée. Sur place, vous découvrirez des lieux aussi inadaptés que les moyens alloués. Mais vous aurez obtenu là les lignes supplémentaires d’un curriculum vitae qu’il vous faut étoffer sans jamais ralentir.

Il est, à la vérité, une vertu sans équivalent dans la possession d’une biographie garnie. Le mensonge doit devenir l’habitude. Rajoutez des lignes à votre curriculum vitae. Combien paraissent misérables, sinon méprisables, et sentant fort la province française, Lannion, Pontault-Combault, Guingamp, Douchy-les-Mines, Lectoure, Cherbourg, et Chalon-sur-Saône. Ornez vos dossiers de villes suédoises, finlandaises, catalanes et arabes. Sharjah, Beyrouth, le rêve oriental renaît. Sans faiblir, d’années en années, les feuilles se remplissent de collections prestigieuses et de fondations vénitiennes. Mentez ! Mentez ! Et que l’on ne considère pas ces tromperies comme une bassesse. Au contraire, elles prouvent un caractère fort, dépourvu de toute morale, un esprit d’entreprise qui saura convaincre le marché de la photographie de votre soumission à ses règles. Alors peut-être, si vous avez suivi à la lettre ces recommandations, Paris Photo vous accueillera, et si l’Espagne existe encore, votre nom illuminera PhotoEspaña.

Vous vous étonnerez de ne pas trouver dans ces considérations un mot sur l’intérêt de la photographie. C’est que je ne considère pas qu’il y ait lieu d’en parler ici. En premier lieu, rien ne vous oblige à croire aux vertus de l’invention de Nicéphore Niépce. Il faut se garantir contre l’envie d’une quelconque utilité du médium. Il n’a jamais été nécessaire d’être croyant pour professer l’amour de Dieu. Etre photographe, c'est-à-dire se penser comme un auteur, c’est piller sans vergogne. C’est nier le caractère mécanique de la machine pour mieux se soumettre à la logique des Beaux-arts. Et pour cela, nulle précaution envers les anciens qui encombrent le marché de la photographie. Vous avez le choix, moquez-les avec des références imparables (Cotton, Chevrier, Frizot, Poivert), ou mieux même, feignez d’ignorer l’histoire de la photographie. Personne n’en n’a jamais tiré grand profit. Un adroit voleur d’idées ne se nourrit que de gros livres d’images, de films sots, de préfaces rapides et de séries télévisées. On doit donc s’assurer que tout cela concorde, non avec la morale et ses principes, avec une quelconque utilité sociale, mais avec la taille des salons bourgeois et des salles d’exposition. Le format ! Voilà la grande affaire de la photographie contemporaine. Seuls les grands formats sont respectables. Si, par surcroît, vous êtes un habile coloriste, on louera votre science. Tout ce que la petite communauté photographique compte de puissants doit pouvoir se recueillir un jour devant tant de culot, d’audace et de nouveauté, quand bien même vous n’aurez que souscrit à des règles déjà bien établies.

Nous pourrions poursuivre encore. Mais je doute que l’on me donne d’autres opportunités de distiller d’aussi utiles avertissements. Alors, donnez-vous à l’inconscience, sans pensée. La seule règle, vous l’avez compris, est de trouver une manière d’être qui convienne au galeriste libéral, au critique humaniste et au fonctionnaire social-démocrate, à ceux qui, gâtés par la vie, n’ont que des soucis décoratifs et des espoirs de décorations. Boire du sang encore et encore. Et si quelques photographes vous font de l’ombre, le meurtre reste la solution ultime. Car si vous voulez parvenir à cet état parfait, non pas de photographe mais d’artiste contemporain, abandonnez toute pitié, oubliez les amitiés et les serments. Jouez, Rastignac, pour être, non à côté de la création, en spectateur, proche du vide, mais en acteur de ce petit théâtre des vanités.

François Cheval


CIRCULATION(S)
Festival Européen de la jeune photographie

Galerie Côté Seine et Trianon - Parc de Bagatelle
Route de Sèvre à Neuilly, Paris 16
Du 22 février au 31 mars 2013.
Entrée libre

14 mars 2012

Circulation(s)

L'événement photographique de ce mois c'est évidemment Circulation(s), le Festival de la jeune photographie européenne. Et ça se tient dans le Parc de Bagatelle à Paris, près du Bois de Boulogne.

Série Kitchen Stories from The Balkans - Photo © Eugenia Maximova

Pour cette deuxième édition, Fetart (l'association organisatrice de l'événement) a vu les choses en grand puisque ce sont plus de 40 photographes qui ont été invités à exposer.

Série Rummet - Photo © Tony Kristensson

A voir absolument dans cette sélection 2012 : la très belle et très étonnante série de Thomas Vanden Driessche intitulée "Welcome to Tata City" et réalisée à Jamshedpur, siège historique du constructeur automobile indien. Cette ville, construite à la gloire de Tata et de ses dirigeants, semble être un décor où le rêve industriel a mal vieilli ...

Série Welcome to Tata City - Photo © Thomas Vanden Driessche

… la série de Charlotte Yonga réalisée à Oakland près de San Francisco, dans le quartier défavorisé de Prescott-Oakland Point avec d'étonnants portraits …

Série Lower Bottom - Photos © Charlotte Yonga

… le travail particulièrement touchant de Vincent Catala à la recherche de Jane, prostituée de Rio, rencontrée une année auparavant …

Série Jane la Nuit Tombe - Photo © Vincent Catala

... et la très dense série de Franck Têtu sur des villes industrielles ukrainiennes froides et noires.

Série Une Saison en Ukraine - Photo © Franck Têtu

Egalement, la superbe carte blanche de Christine Ollier, directrice artistique de la galerie Les Filles du Calvaire avec l'errance du britannique Matt Wilson, les polaroids du français Michel Bousquet ainsi que le travail sur un réel virtualisé et phantasmé de David de Beyter ou celui au contraire bien concret et vivant de Yusuf Sevincli.

Série Untitled 2011 - Photo © Matt Wilson

Et encore plein d'autres photographes - mais impossible de les citer tous ici - et bien d'autres surprises comme la cabine photo vintage de Foto-Automat (qui ne fonctionnait pas lorsque j'y suis passé !) ou la vente dimanche 25 mars de tous les tirages de l'expo pour 150 à 300 euros pièce !

Série Mal-Placé - Photo © Michel Bousquet

Un mois de la (jeune) photo à ne manquer sous aucun prétexte, histoire de prendre le pouls d'une certaine Europe artistique …


CIRCULATION(S)
Galerie Côté Seine & Trianon, Parc de Bagatelle, - Paris 16ème
Du 25 février au 25 mars 2012
Pour s'y rendre tout est expliqué ici