Ce photoblog présente quotidiennement

un premier choix non définitif d'images pour les séries en cours.

Il vient en complément du site www.yannickvallet.com qui, lui,

présente un panorama complet de mon travail.


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26 mars 2014

Fleurs de printemps #1

19 photographes, 6 expos, 1 livre et 1 film, petit tour d'horizon de mes coups de cœurs du printemps.
Aujourd'hui, première partie avec quatre expositions.

Photo © Robert Adams

• Espace(s)

La toute nouvelle exposition de La(b) Galerie Artyfact arrive à un moment important dans l'évolution du lieu. En effet, dans quelques jours Gaëlle Abravanel, Carine Burkel et Vanessa Fumey vont fêter leur première année d'existence.

Photo © Oliver Roma

Pour les accompagner se sont cette fois-ci pas moins de 14 artistes qui nous présentent ici leur travail. L'accrochage épuré, simple, permet de mettre en valeur de très beaux et grands tirages, comme ceux de Julien Dumas dont les images, extraites de sa série "Lost in …", empruntent sans détour au cinéma américain. Une narration filmique où la dramaturgie de l'instant photographié prend ici toute sa signification.

Photo © Julien Dumas

Également, une intéressante intallation, "Stanze", de l'italienne Maria-Letizia Piantoni qui utilise à merveille tous les recoins de la petite pièce qu'elle a investie. Son "papier peint" collé à même les murs, et comme incrusté d'une vidéo, conte l'inventaire spatial d'un immeuble en démolition. Chaque pièce a été photographiée, frontalement, regardant de l'intérieur vers l'extérieur. Comme le portrait en creux d'un lieu aujourd'hui disparu.

Photo © Maria-Letizia Piantoni

Non loin l'une de l'autre, vous pourrez retrouver deux photographes, Virginie Plauchut (vue au dernier festival Circulation(s) et Cath. An. qui ont en commun d'exposer ici des images tirées de leurs livres respectifs (en vente à la galerie), avec chacune un parcours aux allures semblables de retour aux sources. Et même si les lieux sont à l'opposé l'un de l'autre - le Sénégal pour "Echo" de Virginie Plauchut ; une petite ville française pour "Lointain(e)" de Cath. An. - la narration, en forme de quête mélancolique et poétique de ce qui n'est plus, semble les rapprocher.

Photo © Virginie Plauchut

Photo © Cath. An.

Une autre série pleine de douceur et finalement assez mystérieuse est celle d'Olivier Seignette. Les images de son "Couvent" font appel subrepticement à des souvenirs lointains, évocant un temps suspendu de la vie, un temps où sérénité et insouciance pouvaient encore avoir cours.

Photo © Olivier Seignette

Les très beaux polaroids agrandis de l'italien Andrea Tonelloto voyagent, eux, aux frontières de l'abstraction. Les images de "Piscina comunale" sont ici comme des toiles où formes, lignes et couleurs s'associent dans une chaleur toute méridionnale.

Photo © Andrea Tonelloto

A voir également, le travail très graphique d'Erick Derac qui mélange diverses couches photographiques et triture allègrement gélatines et surfaces sensibles dans une réjouissante explosion de couleurs.

Photo © Erick Derac

Et puis encore, les étonnants immeubles-façades de Xavier Delory, le désert de Philippe Bernard, les moments suspendus d'Estella Alliaud, les mises en scène de Pierre Baëllen, les étranges black out d'Oliver Roma, les fictions de Margaret Dearing et les représentations graphiques de François Kenesi.

Photo © François Kenesi

Espace(s) est une exposition d'une grande force, certainement l'une des meilleures de La(b) Galerie Artyfact car elle ancre défintivement sa présence dans le cercle très convoité des lieux avec lesquels il faut compter. Une exposition qui est sans conteste, par la qualité de ses artistes et des œuvres exposées, celle de la maturité.


• The place we live

Robert Adams. Voilà un photographe américain plus connu en France pour ses livres en noir et blanc (une quarantaine à ce jour !) que pour ses expositions. Photographe documentaire par excellence1, Adams se veut un observateur neutre et un témoin privilégié de l'évolution du paysage américain.

Réaménagement d’une ancienne exploitation d’agrumes, Highland, Californie, 1983 - Photo © Robert Adams

Au Jeu de Paume, les 250 tirages exposées peuvent, j'en conviens, faire éprouver une forme de lassitude, ne serait-ce que parce que ses images, bien loin de tout ce que l'on peut voir aujourd'hui, ne sont ni en couleurs, ni dans un noir et blanc dense et contraste. De prime abord peu accrocheuses, tirées dans une palette de gris et dans de petits formats, celles-ci expriment en fait un étonnant mélange d'objectivité neutre et d'humaine désespérance.

Tract house and outdoor theater. Colorado Springs, Colorado, 1969
Photo © Robert Adams

Objectivité neutre car Adams nous présente ses paysages comme il les voit, comme il les croise, sans artifice ni manipulation picturale, sans dramaturgie ni cadrage surfait. En toute simplicité.

Pikes Peak, Colorado Springs, Colorado 1969
Photo © Robert Adams

Désespérance car, jeune universitaire, celui-ci a compris que ces paysages ne resteraient pas tels qu'il les a connus, tels qu'il les a vécus, mais qu'ils seraient bouleversés de manière irrémédiable par la main de ses compatriotes : « Comme beaucoup de photographes, j'ai commencé à prendre des photos par envie d’immortaliser des motifs d’espoir : le mystère et la beauté ineffables du monde. Mais, chemin faisant, mon objectif a aussi enregistré des motifs de désespoir et je me suis finalement dit qu’eux aussi devaient avoir leur place dans mes images si je voulais que celles-ci soient sincères, et donc utiles. »

Turning back, 1999 - Photo © Robert Adams

Adams est l'archétype de l'artiste qui ne sait (ne peut ?) se battre qu'avec son travail. Et si ses images paraissent si douces et si pleines d'humilité, c'est peut-être parce que l'homme qui est derrière celles-ci se considère avant tout comme un modeste citoyen dont le devoir est juste d'alerter ses compatriotes de la cupidité destructrice de certains. Tout simplement.

Cape Blanco State Park, Oregon, 1999–2003
Photo © Robert Adams


• Veramente

Deux continents, deux photographes de la même génération, deux problématiques finalement très similaires. Robert Adams, photographe américain de 76 ans est l'exact contemporain de Guido Guidi, photographe italien de 73 ans. Et tous deux ont un point commun, une ambition, documenter le paysage et ses transformations.

Cesana, Italy, 1971 – Photo © Guido Guidi

Alors qu'Adams a toujours utilisé le noir et blanc, Guido Guidi décide dès les années 70 de passer à la couleur. Passioné par la périphérie des villes (aujourd'hui on dirait "la marge" !) il va tout d'abord travailler autour de chez lui, en Emilie Romagne, à Ravenne ou à Rimini.

Via Montaletto, San Giorgio di Cesena, 1986 - Photo Guido Guidi

Certains diront que ses images sont banales, voire quelconques mais lorsqu'on découvre ses photos pour la première fois, comme ici à la Fondation Henri-Cartier-Bresson, on se rend compte à quel point le travail séquentiel est important pour lui.

Atri, Italie, 2003 - Photo Guido Guidi

Avant de détailler chacun des clichés, prenez absolument le temps de regarder, de loin, l'alignement des images, la résonnance de la couleur y est extrèmement sensible comme les correspndances entre les formes et les thèmes. Une merveille.

Via Galileo Ferraris, Porto Marghera, 1989
Photo © Guido Guidi

Un photographe qu'on ne pourra d'ailleurs pas s'empêcher de rapprocher d'un autre italien célébrissime et de la même génération, Luigi Ghirri. Grand coloriste dont je vous ai déjà parlé ICI.

Via Romea, Km 63.100, Taglio di Po, 1993 – Photo © Guido Guidi

A noter que le livre est édité chez la toujours parfaite maison d'édition Mack :

VERAMENTE de Guido Guidi (2014)
(Editeur : Mack)


• Louise Narbo

Et enfin, vous n'avez plus qu'une petite semaine pour vous rendre à la Galerie Satellite dans le 11ème arrondissement de Paris, afin de découvrir les nouvelles images de Louise Narbo.

Les voyages de la nuit - Photo © Louise Narbo

Déjà connue pour sa très belle série noir et blanc intitulée "Les voyages de la nuit" (exposée en novembre dernier à La(b) Galerie Artyfact), la photographe présente aussi à Satellite deux séries en couleur tout en légèreté énigmatique, "Corps et feuillets" et "Pas tous vierges".

Mémoire de papier - Photo © Louise Narbo

Mais ce sont pour moi ses séries en noir et blanc qui ont de très loin ma préférence. Que ce soit pour leur sensibilité évocatrice d'une mémoire disparue ou leur très belle texture mêlée de transparences et d'écrits. A voir absolument, si vous les avez ratées en novembre.

Corps et feuillets - Photo © Louise Narbo


Demain : suite et fin de mes coups de cœur avec 2 expos, 1 livre et 1 film …


ESPACE(S)
La(b) Galerie Artyfact - 9, rue Forest - Paris 18e
Du 7 mars au 28 juin 2014
Du mercredi au samedi de 12h00 à 19h00
Métro : Place de Clichy

ROBERT ADAMS, L'ENDROIT OÙ NOUS VIVONS
Jeu de Paume - 1 place de la Concorde - 75008 Paris
Du 11 février au 18 mai 2014
Du mardi au dimanche de 11h00 à 19h00
Métro : Concorde

GUIDO GUIDI : VERAMENTE
Fondation Henri Cartier-Bresson - 2, impasse Lebouis - 75014 Paris
Du 16 janvier au 2 avril 2014
Du mardi au dimanche de 13h00 à 18h30
Métro : Gaité

LOUISE NARBO
Galerie Satellite - 7, rue François de Neufchâteau – 75011 Paris
Du 27 février au 5 avril 2014
Du mardi au samedi de 13h 30 à 19h
Métro : Voltaire


1. Il faisait partie des New Topographics en 1975, aux côtés des autres américains Lewis Baltz, Stephen Shore ou Franck Gohlke

18 septembre 2013

Expos de rentrée

Aujourd'hui, petit choix éclectique et personnel des premières expositions de la rentrée. De l'enfance aux paysages urbains, de la France au Japon, voici un panorama forcément subjectif d'une vingtaine de photographes.

Série Dessin d'enfant - Photo © Angéline Leroux

Après les très sensibles Intimité(s) et Voyage(s) du printemps dernier, voici donc la toute nouvelle livraison de La(b) Galerie Artyfact. Cette fois Gaëlle, Carine et Vanessa nous ont concocté une étonnante plongée au cœur de l'enfance.

Photo © Juliette Agnel

Dès l'entrée de la galerie, le ton est donné. Au sol, une grande marelle de scotch orange vous accueille et vous guide tout naturellement vers les images des premiers artistes. Dans la première salle, ce sont tout d'abord les habituées Gaëlle Abravanel et Cath. An. avec deux installations où domine le noir et blanc. Pour la première, côté ciel, de très beaux tirages carrés aux noirs profonds entourent comme dans une ronde en devenir, un grand calque imprimé fixé à même le mur. Et pour Cath.An., côté terre, une nouvelle histoire sensitive en mots et en images, intitulée “Jusqu’au bord de ton visible...”.

Photo © Gaëlle Abravanel

Entre les deux, les très étranges et quelque peu dérangeantes pages de carnet de l’anglais Robin Cracknell où dessins d’enfants, photographies et shémas scientifiques ou techniques (on ne sait pas très bien) se téléscopent autour d’une enfance d'un autre temps ... Et puis tout près, un totem avec les non moins troublantes images d’Ilka Kramer où des enfants laissés seuls au milieu d’une nature luxuriante semblent ne jamais vraiment vouloir montrer leur véritable visage. Un drôle de monde reconstruit d'où les adultes ont été bannis …

Ascension © Robin Cacknell

A l'autre bout de la pièce, on retrouve les très beaux et très chaleureux portraits d’enfants dûs à la camera obscura numérique de Juliette Agnel et Le Cahier Vert du talentueux auteur de “Caroline Histoire numéro deux”, Julien Magre. Vous ne pourrez pas feuilleter le fameux cahier mais au moins vous le verrez (!) ainsi que les reproductions de ses pages.

Le Cahier vert © Julien Magre

Et puis, à voir encore, la darkroom avec projection, collages et objets de Bertrand Sallé, les drôles de superpositions dessin-photo d'Angéline Leroux, les portraits de François Régis Durand et l'installation ludo-mélancolique de Catherine Merdy ainsi que celles de Yanina Weber ou Anna Golicz-Cottet.

Installation © Catherine Merdy

Que vous ayez aimé ou détesté être petit, Enfance(s) est une exposition hautement émotionnelle, parfois sombre ou mélancolique, souvent drôle et tendre, qui chez chacun d'entre vous fera forcément appel à quelques souvenirs enfouis ...

Série Behind the House - Photo © Ilka Kramer

. . .

Dans un tout autre esprit, "Jérusalem, Izmir, Alger … une question de point de vue" à la galerie les Douches, est une exposition autour du bassin méditerranéen et des différents regards portés par les photographes.

Welcome Gourna, 2004 - Photo © Olivier Cablat

La seule image d'Olivier Cablat présentée ici témoignage à elle seule de l'omniprésence dans les sites touristiques égyptiens des façades peintes façon "Egypte antique". L'héritage des pharaons est à ce point pésent dans la ville de Gourna qu'il est même utilisé pour indiquer des lieux d'aisances !

Série Waterfront, Valence, Espagne, 2011 - Photo © André Mérian

Pièce importante -presque centrale- de l'exposition, l'installation d'André Mérian intitulée Waterfront. Quarante photographies représentant six ports méditerranéens (Alexandrie, Izmir, Marseille, Tanger, Thessalonique, Valence) et leur étonnante similitude de développement.

Série Waterfront, Izmir, Turquie, 2012 - Photo © André Mérian

A voir également, l'installation "Without / Sans" d'Ezra Nahmad avec un mélange étonnant de photographies prises avec divers appareils et qu'il vous faudra absolument compléter par la découverte de la série sur son site (ICI).

Une sorte de parcours poétique et interractif où chaque clic sur une image vous renverra vers d'autres photos, puis vers un texte, puis une autre image, … comme pour mieux se perdre entre des frontières toujours mouvantes : "Lorsqu'on marche en Israël le long des frontières palestiniennes, en suivant les lignes de partage, on observe combien la lumière est polluée par le risque et comment pour sentir le vent ou le parfum de la sauge sauvage il faut lutter contre l'angoisse."

Wthout/Sans, Israël, 2011-2012 – Photos © Ezra Nahmad

Egalement, les grands panoramiques reconstruits d'Alexis Cordesse et les céramiques de "la Cité de la Promesse tenue" construite par Fernand Pouillon en 1954 à Alger et photographiées par Stéphane Couturier.

Salah Ad-Din Street, East jerusalem, Occupied Territories, 2009
Série Border Lines - Photo © Alexis Bordesse

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Et puis, retour en France avec, cette fois-ci, une exposition toute en couleur et en triptyques : "Du port au moulin" de Ianna Andréadis à Ivry-sur-Seine.


Du port au moulin - Photos © Ianna Andreadis

Peintre d'origine grecque, Ianna Andréadis, qui est une grande voyageuse (des sommets du Kilimandjaro aux déserts de Namibie, en passant par le Mexique ou les grands espaces américains), nous convie ici à une déambulation à travers sa ville par l'entremise de dix-huit triptyques où se répondent formes et couleurs.

Du port au moulin Photos © Ianna Andreadis

Le grand talent de coloriste de la peintre-photographe a été ici d'oser les associations. Ainsi, à côté d'une nature chatoyante et vivante, se retrouvent des choses aussi différentes que des chantiers de démolition, un port urbain, des voies ferrées, des rues banales ou une usine de traitement des déchets, … La palette du peintre n'est jamais très loin et l'œil du photographe s'en nourrit forcément.

. . .

Hanno City, Saitama Prefecture, 2006 - Photo © Toshio Shibata

Et enfin, à la Galerie Polka, dans le Marais, se déroule jusqu'à fin octobre "The abstraction of space" d'un des grands de la photo japonnaise, Toshio Shibata.

Okawa Village, Kochi Prefecture, 2007 – Photo © Toshio Shibata

Ayant abandonné depuis quelques années le noir et blanc au profit de la couleur, Shibata se dirige depuis, vers une recherche permanente de la simplicité proche de l'épure, où lignes de force et aplats de couleur traversent chaque image avec une puissance peu commune.

Kamikawa Town, Hokkaido, 2009 - Photo © Toshio Shibata

Une exposition qu'il faut absolument voir, d'une force étonnante, où la forme, en accord parfait avec le fond, nous impose une quasi-abstraction d'une rare beauté.

CONTACTS - Toshio Shibata (2013)

Afin de prolonger ces quatre expositions vous pouvez aussi vous procurer les ouvrages de quelques uns des photographes.

DU PORT AU MOULIN – Ianna Andréadis (2013)
Dépliant cartes postales
disponible gratuitement sur le lieu de l'exposition

BORDER LINES - Alexis Cordesse (2010)
(Editions Vimagies)

WITHOUT / SANS - Ezra Nahmad (2013)

WATERFRONT - André Mérian (2013)
(Arnaud Bizalion Editeur)

TEMPLES - Olivier Cablat (2011)

Et puis finalement, si après tout ça vous avez besoin de prendre l'air, allez donc faire un tour du côté du Musée du Quai Branly pour la 4ème édition de Photoquai et découvrir en extérieur les images de 40 photographes, venus des quatre coins du monde.




ENFANCE(S)
La(b) Galerie Artyfact - 9, rue Forest - Paris 18e
Du 5 septembre au 19 octobre 2013
Du mercredi au samedi de 12h00 à 19h00
Métro : Place de Clichy

JERUSALEM, IZMIR, ALGER ... une question de point de vue
Les Douches La Galerie - 5 rue Legouvé - 75010 Paris
Du 11 septembre au 12 octobre 2013
Du mercredi au samedi de 14h à 19h
Métro : Jacques Bonsergent

IANNA ANDRÉADIS : DU PORT AU MOULIN
Espace Gérard Philippe - entrée rue Raspail (près de l'Hôtel de ville) - Ivry-sur-Seine
Du 10 septembre au 16 novembre 2013
Du mardi au vendredi de 11h à 17h30 (mercredi et jeudi, fermé entre 12h30 et 13h30)
Métro : Mairie d'Ivry

TOSHIO SHIBATA : THE ABSTRACTION OF SPACE
Polka Galerie - 12 rue Saint Gilles - Paris 3e
Du 14 septembre au 26 octobre 2013
Du jeudi au samedi de 11h à 19h30
Métro : Chemin vert

22 mai 2013

Intimité(s)

Dépêchez-vous, il ne vous reste plus que quelques jours pour vous rendre à la toute nouvelle La(b) Galerie Artyfact de Paris, à deux pas de la Place de Clichy. Vous y découvrirez "Intimité(s)" une très intéressante et particulièrement novatrice exposition, regroupant treize artistes, photographes, vidéastes et plasticiens : Gaëlle Abravanel, Katrien de Blauwer, Eric Bouttier, Carine Burkel, Cath.An., Gaële Caye, Laurent Deglicourt, Christophe Dentin, Sabrina Lesert, Catherine Merdy, Newfactory Paris, Rémy Weité et Estelle Zolotoff.

Photo © Eric Bouttier

Dès la vitrine de la rue Forest, vous n'avez qu'une envie : entrer. Car l'exposition, ici, a l'air différente de ce que l'on peut voir habituellement…

Photo © Rémy Weité

… Exit les accrochages linéaires et bien rangés au carré. Ici, chaque découverte, chaque installation, chaque mise en espace est réjouissante. Servant au mieux l'univers de chacun des artistes.

Photo © Gaëlle Abravanel

Dès l'entrée, de chaque côté de la porte, Gaëlle Abravanel et Estelle Zolotoff jouent, chacune à leur manière, avec la lumière extérieure. L'une, toute en transparence délicate et contre-jour diaphane. L'autre, en s'appuyant ingénieusement sur la propriété translucide du plexi appliquée à l'image qui, sur sa face intérieure, devient profonde et éclatante.

Photo © Estelle Zolotoff

La première salle nous offre également une autre belle découverte. Celle d'un photographe d'une grande sensibilité et que l'on ressent secret et à fleur de peau : Laurent Deglicourt. Un travail tout en retenu où dominent émotion et dramaturgie.

Photo © Laurent Deglicourt

Et juste à côté, comme en contrepoint poétique : De ces moments … de Cath.An. De jolis petits carnets aussi précieux qu'intimes et philosophiques.

Photo © Cath.An.

Puis plus loin, juste derrière nous, les immenses diptyques de Catherine Merdy, collés à même le mur. Étranges visions intimes de nos vi(ll)es obscures.

Photos © Catherine Merdy

Et de l'autre côté du mur, dans l'autre salle, ce sont les images photophoniques et énigmatiques de Carine Burkel,

Photo © Carine Burkel

ou encore les très beaux, très chaleureux ou très drôles polaroids de Sabrina Lesert ou Rémy Weité. Et puis encore les images de Eric Bouttier, les vidéos de Christophe Dentin, l'installation de Gaële Caye et les détournants collages de Katrien de Blauwer.

Photos © Sabrina Lesert

L'originalité de cette exposition réside avant tout dans la volonté affichée des trois comparses de La(b) Galerie - Vanessa, Gaëlle et Carine - de présenter les choses autrement.
Non pas juste pour faire différent, mais bien pour servir avec justesse chacun des artistes. Des artistes qui, malgré leurs personnalités souvent éloignées, arrivent à dialoguer entre les murs dans une belle cohérence.

Collage © Katrien de Blauwer

À noter également.
La(b) Galerie Artyfact organise régulièrement des rencontres, des lectures ou divers évènements autour de ses expositions … la prochaine c'est demain, à 20h, avec l'atelier-conférence de Fabienne Kraemer, psychanalyste, écrivain et photographe.




INTIMITÉ(S)
La(b) Galerie Artyfact - 9, rue Forest - Paris 18e
Du 18 avril au 25 mai 2013
Mercredi de 12h00 à 19h00 - Jeudi de 12h00 à 23h00
Vendredi et samedi de 12h00 à 19h00

Métro : Place de Clichy