Ce photoblog présente quotidiennement

un premier choix non définitif d'images pour les séries en cours.

Il vient en complément du site www.yannickvallet.com qui, lui,

présente un panorama complet de mon travail.


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4 mars 2015

ORIGINE(S) le vernissage

Ce soir c'est vernissage, alors je vous dis à tout à l'heure à La(b) Galerie Artyfact pour l'exposition collective "ORIGINE(S)" où je présente deux de mes Disparus.



ORIGINE(S)
Exposition collective avec Cath.An., Emilie Arfeuil, Sabrina Biancuzzi, Nathalie Déposé, Michaël Duperrin, Iris Legendre, Jean Legrand, Joëlle Meyers, Louise Narbo, Herbe Robinson, Bertrand Sallé et moi-même
La(b) Galerie Artyfact - 9 rue Forest - Paris 18
Du 4 mars au 16 avril 2015
Métro : Place de Clichy

23 février 2015

Origine(s), J - 10

Après le Centre d'Art Albert Chanot de Clamart,
Après la Galerie Vol de Nuits de Marseille,
Après le Prix du Public au Festival de la ville de Vichy,
Les Disparus reviennent et c'est à Paris à La(b) Galerie Artyfact
du 4 mars au 16 avril.


Vernissage 
mercredi 4 mars à partir de 17h00

ORIGINE(S)
Exposition collective avec Cath.An., Emilie Arfeuil, Sabrina Biancuzzi, Nathalie Déposé, Michaël Duperrin, Iris Legendre, Jean Legrand, Joëlle Meyers, Louise Narbo, Herbe Robinson, Bertrand Sallé et moi-même
La(b) Galerie Artyfact - 9 rue Forest - Paris 18
Du 4 mars au 16 avril 2015
Métro : Place de Clichy

11 septembre 2014

NATURE(S) le vernissage

Ce soir c'est vernissage, alors je vous dis à tout à l'heure à La(b) Galerie Artyfact pour l'exposition collective "NATURE(S)" où vous pourrez découvrir mon installation "Les Trois Chênes" créée spécialement pour le lieu.





NATURE(S)
Exposition collective avec Ruben BRULAT, Margaret DEARING, Laurent DEGLICOURT, France DUBOIS, Magda HUECKEL, Ilka KRAMER, Claire LAUDE, Douglas MANDRY, Didier OHAYON, Fabien PIO, Geneviève ROY, Peter WIKLUND et moi-même.
La(b) Galerie Artyfact - 9 rue Forest - Paris 18
Du 11 septembre au 22 novembre 2014
Métro : Place de Clichy

3 septembre 2014

Nature(s), J - 8

Rendez-vous dans une semaine pour l'exposition collective "Nature(s)" à La(b) Galerie Artyfact.


En attendant, c'est accrochage !


NATURE(S)
Avec Ruben BRULAT, Margaret DEARING, Laurent DEGLICOURT, France DUBOIS, Magda HUECKEL, Ilka KRAMER, Claire LAUDE, Douglas MANDRY, Didier OHAYON, Fabien PIO, Geneviève ROY, Peter WIKLUND et moi-même.
La(b) Galerie Artyfact - 9 rue Forest - Paris 18
Du 11 septembre au 22 novembre 2014
Métro : Place de Clichy

Vernissage le jeudi 11 septembre à partir de 17h00

26 mars 2014

Fleurs de printemps #1

19 photographes, 6 expos, 1 livre et 1 film, petit tour d'horizon de mes coups de cœurs du printemps.
Aujourd'hui, première partie avec quatre expositions.

Photo © Robert Adams

• Espace(s)

La toute nouvelle exposition de La(b) Galerie Artyfact arrive à un moment important dans l'évolution du lieu. En effet, dans quelques jours Gaëlle Abravanel, Carine Burkel et Vanessa Fumey vont fêter leur première année d'existence.

Photo © Oliver Roma

Pour les accompagner se sont cette fois-ci pas moins de 14 artistes qui nous présentent ici leur travail. L'accrochage épuré, simple, permet de mettre en valeur de très beaux et grands tirages, comme ceux de Julien Dumas dont les images, extraites de sa série "Lost in …", empruntent sans détour au cinéma américain. Une narration filmique où la dramaturgie de l'instant photographié prend ici toute sa signification.

Photo © Julien Dumas

Également, une intéressante intallation, "Stanze", de l'italienne Maria-Letizia Piantoni qui utilise à merveille tous les recoins de la petite pièce qu'elle a investie. Son "papier peint" collé à même les murs, et comme incrusté d'une vidéo, conte l'inventaire spatial d'un immeuble en démolition. Chaque pièce a été photographiée, frontalement, regardant de l'intérieur vers l'extérieur. Comme le portrait en creux d'un lieu aujourd'hui disparu.

Photo © Maria-Letizia Piantoni

Non loin l'une de l'autre, vous pourrez retrouver deux photographes, Virginie Plauchut (vue au dernier festival Circulation(s) et Cath. An. qui ont en commun d'exposer ici des images tirées de leurs livres respectifs (en vente à la galerie), avec chacune un parcours aux allures semblables de retour aux sources. Et même si les lieux sont à l'opposé l'un de l'autre - le Sénégal pour "Echo" de Virginie Plauchut ; une petite ville française pour "Lointain(e)" de Cath. An. - la narration, en forme de quête mélancolique et poétique de ce qui n'est plus, semble les rapprocher.

Photo © Virginie Plauchut

Photo © Cath. An.

Une autre série pleine de douceur et finalement assez mystérieuse est celle d'Olivier Seignette. Les images de son "Couvent" font appel subrepticement à des souvenirs lointains, évocant un temps suspendu de la vie, un temps où sérénité et insouciance pouvaient encore avoir cours.

Photo © Olivier Seignette

Les très beaux polaroids agrandis de l'italien Andrea Tonelloto voyagent, eux, aux frontières de l'abstraction. Les images de "Piscina comunale" sont ici comme des toiles où formes, lignes et couleurs s'associent dans une chaleur toute méridionnale.

Photo © Andrea Tonelloto

A voir également, le travail très graphique d'Erick Derac qui mélange diverses couches photographiques et triture allègrement gélatines et surfaces sensibles dans une réjouissante explosion de couleurs.

Photo © Erick Derac

Et puis encore, les étonnants immeubles-façades de Xavier Delory, le désert de Philippe Bernard, les moments suspendus d'Estella Alliaud, les mises en scène de Pierre Baëllen, les étranges black out d'Oliver Roma, les fictions de Margaret Dearing et les représentations graphiques de François Kenesi.

Photo © François Kenesi

Espace(s) est une exposition d'une grande force, certainement l'une des meilleures de La(b) Galerie Artyfact car elle ancre défintivement sa présence dans le cercle très convoité des lieux avec lesquels il faut compter. Une exposition qui est sans conteste, par la qualité de ses artistes et des œuvres exposées, celle de la maturité.


• The place we live

Robert Adams. Voilà un photographe américain plus connu en France pour ses livres en noir et blanc (une quarantaine à ce jour !) que pour ses expositions. Photographe documentaire par excellence1, Adams se veut un observateur neutre et un témoin privilégié de l'évolution du paysage américain.

Réaménagement d’une ancienne exploitation d’agrumes, Highland, Californie, 1983 - Photo © Robert Adams

Au Jeu de Paume, les 250 tirages exposées peuvent, j'en conviens, faire éprouver une forme de lassitude, ne serait-ce que parce que ses images, bien loin de tout ce que l'on peut voir aujourd'hui, ne sont ni en couleurs, ni dans un noir et blanc dense et contraste. De prime abord peu accrocheuses, tirées dans une palette de gris et dans de petits formats, celles-ci expriment en fait un étonnant mélange d'objectivité neutre et d'humaine désespérance.

Tract house and outdoor theater. Colorado Springs, Colorado, 1969
Photo © Robert Adams

Objectivité neutre car Adams nous présente ses paysages comme il les voit, comme il les croise, sans artifice ni manipulation picturale, sans dramaturgie ni cadrage surfait. En toute simplicité.

Pikes Peak, Colorado Springs, Colorado 1969
Photo © Robert Adams

Désespérance car, jeune universitaire, celui-ci a compris que ces paysages ne resteraient pas tels qu'il les a connus, tels qu'il les a vécus, mais qu'ils seraient bouleversés de manière irrémédiable par la main de ses compatriotes : « Comme beaucoup de photographes, j'ai commencé à prendre des photos par envie d’immortaliser des motifs d’espoir : le mystère et la beauté ineffables du monde. Mais, chemin faisant, mon objectif a aussi enregistré des motifs de désespoir et je me suis finalement dit qu’eux aussi devaient avoir leur place dans mes images si je voulais que celles-ci soient sincères, et donc utiles. »

Turning back, 1999 - Photo © Robert Adams

Adams est l'archétype de l'artiste qui ne sait (ne peut ?) se battre qu'avec son travail. Et si ses images paraissent si douces et si pleines d'humilité, c'est peut-être parce que l'homme qui est derrière celles-ci se considère avant tout comme un modeste citoyen dont le devoir est juste d'alerter ses compatriotes de la cupidité destructrice de certains. Tout simplement.

Cape Blanco State Park, Oregon, 1999–2003
Photo © Robert Adams


• Veramente

Deux continents, deux photographes de la même génération, deux problématiques finalement très similaires. Robert Adams, photographe américain de 76 ans est l'exact contemporain de Guido Guidi, photographe italien de 73 ans. Et tous deux ont un point commun, une ambition, documenter le paysage et ses transformations.

Cesana, Italy, 1971 – Photo © Guido Guidi

Alors qu'Adams a toujours utilisé le noir et blanc, Guido Guidi décide dès les années 70 de passer à la couleur. Passioné par la périphérie des villes (aujourd'hui on dirait "la marge" !) il va tout d'abord travailler autour de chez lui, en Emilie Romagne, à Ravenne ou à Rimini.

Via Montaletto, San Giorgio di Cesena, 1986 - Photo Guido Guidi

Certains diront que ses images sont banales, voire quelconques mais lorsqu'on découvre ses photos pour la première fois, comme ici à la Fondation Henri-Cartier-Bresson, on se rend compte à quel point le travail séquentiel est important pour lui.

Atri, Italie, 2003 - Photo Guido Guidi

Avant de détailler chacun des clichés, prenez absolument le temps de regarder, de loin, l'alignement des images, la résonnance de la couleur y est extrèmement sensible comme les correspndances entre les formes et les thèmes. Une merveille.

Via Galileo Ferraris, Porto Marghera, 1989
Photo © Guido Guidi

Un photographe qu'on ne pourra d'ailleurs pas s'empêcher de rapprocher d'un autre italien célébrissime et de la même génération, Luigi Ghirri. Grand coloriste dont je vous ai déjà parlé ICI.

Via Romea, Km 63.100, Taglio di Po, 1993 – Photo © Guido Guidi

A noter que le livre est édité chez la toujours parfaite maison d'édition Mack :

VERAMENTE de Guido Guidi (2014)
(Editeur : Mack)


• Louise Narbo

Et enfin, vous n'avez plus qu'une petite semaine pour vous rendre à la Galerie Satellite dans le 11ème arrondissement de Paris, afin de découvrir les nouvelles images de Louise Narbo.

Les voyages de la nuit - Photo © Louise Narbo

Déjà connue pour sa très belle série noir et blanc intitulée "Les voyages de la nuit" (exposée en novembre dernier à La(b) Galerie Artyfact), la photographe présente aussi à Satellite deux séries en couleur tout en légèreté énigmatique, "Corps et feuillets" et "Pas tous vierges".

Mémoire de papier - Photo © Louise Narbo

Mais ce sont pour moi ses séries en noir et blanc qui ont de très loin ma préférence. Que ce soit pour leur sensibilité évocatrice d'une mémoire disparue ou leur très belle texture mêlée de transparences et d'écrits. A voir absolument, si vous les avez ratées en novembre.

Corps et feuillets - Photo © Louise Narbo


Demain : suite et fin de mes coups de cœur avec 2 expos, 1 livre et 1 film …


ESPACE(S)
La(b) Galerie Artyfact - 9, rue Forest - Paris 18e
Du 7 mars au 28 juin 2014
Du mercredi au samedi de 12h00 à 19h00
Métro : Place de Clichy

ROBERT ADAMS, L'ENDROIT OÙ NOUS VIVONS
Jeu de Paume - 1 place de la Concorde - 75008 Paris
Du 11 février au 18 mai 2014
Du mardi au dimanche de 11h00 à 19h00
Métro : Concorde

GUIDO GUIDI : VERAMENTE
Fondation Henri Cartier-Bresson - 2, impasse Lebouis - 75014 Paris
Du 16 janvier au 2 avril 2014
Du mardi au dimanche de 13h00 à 18h30
Métro : Gaité

LOUISE NARBO
Galerie Satellite - 7, rue François de Neufchâteau – 75011 Paris
Du 27 février au 5 avril 2014
Du mardi au samedi de 13h 30 à 19h
Métro : Voltaire


1. Il faisait partie des New Topographics en 1975, aux côtés des autres américains Lewis Baltz, Stephen Shore ou Franck Gohlke

23 janvier 2014

Au cœur de l'hiver

• Coup de cœur pour 4 expos et 1 livre.

Le froid, le gris, la pluie.
Regarder, éditer, retravailler, monter des dossiers, chercher des financements et puis proposer, encore et toujours.
Autant de raisons (bonnes ou mauvaises) pour ne pas sortir !
Pour ne pas écrire.
Trop peu de temps ...
Mais se faire violence et puis transmettre … les images qu'on aime.

Photo © David Lynch

Voici donc, au cœur de l'hiver, un petit tour express de ce qui m'a touché ces derniers temps.

Tout d'abord, la nouvelle exposition collective de la toujours très active La(b) Galerie Artyfact.

Photo © Cécilia Jauniau

Autour du thème "FEMME(S)", 15 artistes très divers s'expriment sur les murs de ce lieu toujours aussi chaleureux.
Avec tout d'abord, les beaux formats carrés en noir et blanc de France Dubois, pour une série toute en retenue et en fragilité, intitulée "Dissociated".

Photo © France Dubois

Un peu plus loin, les très sombres et très curieuses images d'Edouard de Pazzi vues à travers le trou de la serrure … à scruter, intensément !

Photo © Edouard de Pazzi

À deux pas de là, ce sont les jambes du très beau livre de Karine Maussière "Cours Lola cours", avec un magnifique tirage tout en douceur.

Photo © Karine Maussière

Et puis, dans un courant de style appropriationniste, des images qui ont ce je-ne-sais-quoi de charme suranné … les noir et blanc de Nieves Mingueza.

Photo © Nieves Mingueza

A voir également, les lépidoptères de Sofia Santa Clara, les étonnants portraits de Patrick Rimond ou ceux de Julien Dumas, les beaux corps de Cécilia Jauniau, la vidéo de Christophe Dentin et les images de Tamina Beausoleil, Katrien de Blauwer, Aglaë Bory, Jacques Bosser, Chris Morin. Sans oublier l'installation coquinement rouge de Anna Golicz-Cottet !

Photo © Katrien de Blauwer

Une intéressante expo à l'image des femmes, toute en beauté … et toute en douceur.

***

Dans un style totalement différent, ce sont les deux expositions phares de la Maison Européenne de la Photographie : "Small Stories" de David Lynch et "Camouflages" de Joan Fontcuberta.

Photo © David Lynch

Tout le monde connaît David Lynch le réalisateur mais peu savent qu'il est également photographe (et musicien, et peintre, et ébéniste, et sculpteur …) et qu'il a déjà publié pas moins de 7 livres de photo (dont je vous ai déjà parlé ICI).

Photo © David Lynch

Cette fois-ci, pour ses "Small Stories" l'artiste a eu carte blanche. Et comme toujours avec lui, inutile d'essayer de comprendre absolument ce qu'il a voulu dire. Car ici point de message, juste un univers. Un univers et de petites histoires (assez barrées, certes !) qui, finalement, n'appartiennent qu'à celui qui les regarde. C'est-à-dire vous !

Photo © David Lynch

David Lynch le dit d'ailleurs à sa façon dans le texte d'introduction à l'expo : « Les images fixes peuvent raconter des histoires. La plupart du temps, les images fixes racontent de petites histoires. Et il arrive parfois que les histoires intéressantes soient de petites histoires. Les petites histoires se déroulent sur une période très courte. Cependant, la pensée et les émotions peuvent être impliquées quand on regarde une image fixe, et les petites histoires peuvent se développer jusqu’à devenir de grandes histoires. Tout ça dépend, bien sûr du spectateur. Il est quasiment impossible de ne pas voir une sorte d’histoire émerger d’une image fixe. Et ça, je trouve que c’est un phénomène magnifique. »

Photo © David Lynch

Autre expo à la MEP (et tout aussi barrée, d'ailleurs. Mais dans un autre style !), "Camouflages" de Joan Fontcuberta.

La Sirène de Tanaron, 2006 - Photo © Joan Fontcuberta

Se basant sur la manipulation des images, l'artiste a su recréer des univers joyeusement inventifs dans lesquels se retrouvent aussi bien le mythe des sirènes, des animaux fictifs ou de nouvelles espèces végétales, que des légendes historiques inventées de toutes pièces (comme cet officier russe disparu mystérieusement alors qu'il pilotait son vaisseau spatial !).

Cercophitecus Icarocornu, 1985 - Photo © Joan Fontcuberta

A base de photographies trafiquées mais également d'animaux empaillés, de dessins techniques, de schéma scientifiques ou de journaux "d'époque", Joan Fontcuberta nous entraîne dans des mondes parallèles, tout droit sortis de son imaginaire.

Istochnikov saluant les techniciens de MIK, 1997
Photo © Joan Fontcuberta

Il y a ici tellement à regarder et à lire qu'il vous faudra pas loin de deux heures pour vous délecter de ces légendes au drôle de goût d'irréalité !

***

Et enfin, quatrième et dernière exposition à voir absolument, "Tiksi" de Evguenia Arbugaeva à la In Camera Galerie.

Tiksi - Photo © Evguenia Arbugaeva

Cette jeune photographe russe a fait ici un très beau travail sur la mémoire de l'enfance. Vivant depuis quelques années en dehors de sa Yakoutie natale, elle a souhaité en revenant dans son village, retrouver ses rêves et ses mystères de petite fille.

Tiksi - Photo © Evguenia Arbugaeva

Pour cette série, Evguenia Arbugaeva s'est inspirée des ouvrages qu'elle avait eus sous les yeux lorsqu'elle était enfant : « Ces livres sont beaux et ont une signification profonde. lls sont habilement mis en pages, les caractères sont clairs et lumineux. Leurs images transmettent un sentiment d’émerveillement et d’idéalisme naïf qui m’ont toujours captivée. »

Tiksi - Photo © Evguenia Arbugaeva

Le travail d'Evguenia Arbugaeva, merveilleux dans tous les sens du terme, diffère avec bonheur, d'une certaine tristesse qu'on peut voir depuis un certain temps en provenance de la Russie et des pays de l'Est. Ses images un peu fragiles me font penser aux sublimes ambiances d'un autre russe, illustrateur celui-là, Ivan Bilibine …

Tiksi - Photo © Evguenia Arbugaeva

***

Et pour finir, voici mon très gros coup de cœur du moment, le livre du belge Olivier Cornil1 "Homeland/Vladivostok", paru il y a peu suite à l'exposition qui eut lieu à Bruxelles en 2013 à l'Espace Contretype.

HOMELAND/VLADIVOSTOK de Olivier Cornil (2013)
(Editeur : Yellow Now)

L'originalité du livre d'Olivier Cornil réside dans trois principes simples: ne légender aucune photo, insérer au centre de l'ouvrage de petits textes aux allures de journal intime, mêler intimement images de chez lui (Homeland) et images de l'étranger (Vladivostok).

Photo © Olivier Cornil

Le résultat, un étonnant voyage aux côtés du photographe. Entre Belgique et reste du monde. Dans une belle cohérence visuelle et émotionnelle.

Photo © Olivier Cornil

Rares sont les livres qui vous parlent et résonnent en vous à ce point. Pour moi, il est une sorte d'aboutissement de ce que peut-être un corpus d'images de vie et de pensées intimes. Une œuvre à part entière, empreinte de poésie mélancolique, de spleen baudelairien, de joies intenses et de solitude revendiquée :
« J'aime les arbres. Je les regarderais des heures. Je pense en avoir photographié des dizaines si ce n'est des centaines. Leurs courbes, élancements, stigmates et courbures. Ils me dépassent, ils me survivent, ils étaient déjà là. Ils sont un refuge où que ce soit. »

Photo © Olivier Cornil

Ce livre est tout simplement beau. Beau et sensible.
Certainement le plus beau de tous ceux que j'ai pu voir depuis de très nombreux mois.
Il est de ceux que l'on feuillette régulièrement. Comme pour mieux se retrouver.
Il est de ceux qui vous accompagnent longtemps.
Encore et toujours …

Photo © Olivier Cornil

« J'ai voulu aller me balader seul. Chercher des images.
Lors de mes vacances, en famille ou entre amis, je prends toujours un moment pour m'isoler. En voiture ou à pied, avec mon Mamiya. Un besoin. De ces moments de solitude ressortent des images solitaires. Très peu de présence, presque aucun portrait. Je cultive cette recherche de l'absence. D'une forme de mélancolie, voire de désolation. Cela n'a rien à voir avec mon caractère. Ni avec mon état d'esprit, même si je dois comme chacun contenir des ombres. Que je sois heureux ou triste n'y change rien. »
Olivier Cornil "Homeland/Vladivostok"



Girls in Hawaii - Girls in the Wood
Vidéo de Olivier Cornil (2012)



FEMME(S)
La(b) Galerie Artyfact - 9, rue Forest - Paris 18
Du 9 janvier au 15 février 2014
Métro : Place de Clichy
Du mercredi au samedi de 12h à 19h

SMALL STORIES & CAMOUFLAGES
Maison Européenne de la Photographie - 5/7, rue de Fourcy - Paris 04
Du 15 janvier au 16 mars 2014
Métro : Saint-Paul
Du mercredi au dimanche de 11h à 19h45
(gratuit le mercredi à partir de 17h00)

TIKSI - EVGUENIA ARBUGAEVA
In Camera Galerie - 21, rue Las Cases - Paris 07
Du 12 décembre 2013 au 8 février 2014
Métro : Solférino
Du mardi au samedi de 14h à 19h00


1. Je vous ai déjà parlé d'Olivier Cornil ICI.